Merci,cher Gilbert

Merci,cher Gilbert, de m’avoir fait partager ta longue expérience de la création artistique, tes précieux conseils, ta générosité, tes opinions.

Je ressortais de mon cours avec toujours plus d’énergie, d’idées, et une volonté de rester connecté avec la peinture.

Philip Biggel

À Gilbert

À Gilbert
Qui nous manque terriblement à tous
J’ai commencé à peindre en solo ,sans tes précieux conseils, ton regard critique mais tellement bienveillant. Ta positivité,tes encouragements au cours de la réalisation d’un tableau qui me paraissait impossible mais qui aboutissait grâce à toi .

Merci pour tout.

Christine

Papa, Ta Venue parmi Nous.

Papa, après être venu au monde à Chatel-Saint-Denis le 1er mars 1944, tu rentres chez toi à Progens, paysage pastoral pour une vie qui sera créative et riche en événements.

Enfant, tu gambades, adolescent tu chevauches à la belle saison et le temps d’un hivers long et rigoureux tu dévales les pentes enneigées avec tes spatules en bois. Tu dessines aussi, classant soigneusement dans une fourre tes dessins de couleurs, racontant la nature, celle des Hommes, de la faune et de la flore. Presque tout est dit, la parole fut écrite durant ton enfance, Papa tu accompliras ton Ecriture, celle de ton destin.

Tu apprends le métier de coiffeur et pendant plus de vingt ans tu auras sculpté des milliers de têtes, en les embellissant, préfigurant ainsi ton désir de forme et de matière à modeler.

Jeune adulte tu quittes la maison qui restera ton socle tout au long de ta vie, pour jouir du fruit de la terre et pour faire face aux vicissitudes, tu quittes cette demeure que tu avais partagée avec Papa, Maman, et ta fratrie : Serge, Gemma, Ernest et Josiane.

Le temps passe et tu arrives à Meyrin, première citée satellite de Suisse, qui est en ébullition, et de ton premier mariage (avec Maman) tu as un premier garçon (Jean-Marc.)

Puis tu décides de quitter cette nouvelle banlieue pour la ville : tu deviens enfin un vrai citadin ! Avec Maud, c’est la naissance de Laurent et les grandes décisions du retour à tes vraies aspirations, le sport et la peinture.

Tu commences par le ski où tu brilles par tes talents de slalomeur, d’instructeur et de compétiteur chevronné. Ce sport te collera à la peau toute ta vie, tu étais né pour lui. Mais l’été il n’y a pas de neige, elle a fondu et les lacs ont grossi, alors c’est l’occasion de pratiquer un nouveau sport, le ski nautique, où l’on te voie slalomer entre la Perles du lac et les Bains des Pâquis. Décidément, ta vie est une affaire de glisse et ta virtuosité restera sans égale !

Puis vient la quarantaine, sans jeux de mots… période de remise en question. Tu fais le grand saut et réalise le rêve que Papa et Maman ne pouvaient t’offrir quand tu étais enfant, celui d’être artiste peintre. Début « aquarelle », puis rapidement attiré par l’huile, tu y racontes ta venue à Genève et ta découverte de la ville. Tu peints chevaux et clowns, sagesse et enfance, nature et spectacle. Avec expérience et maturation tu diriges ton art vers l’abstrait et tu exploites tes talents à plein rendement par la sculpture des matériaux. Tu transformes bois et métaux en message d’appel à la tolérance et à l’harmonie.

Exposant en Suisse, enseignant à Genève, éclectique, tu bâtis une réputation d’artiste peintre dont la volonté nous rappelle celle du skieur de compétition.

Les années passent et avec Véronique tu approfondis ton message, celui de la pastorale. De retour à la campagne, les chevaux font maintenant partis de ton quotidien. Vos voyages agrémentent ta vie et alimentent tes œuvres.

Toujours sportif tu descends les cimes tous les hivers comme le pinceau dessine sur la montagne les traits de couleur qui épousent les irrégularités d’une toile ondulée dont tu maitrises les formes.

Tu continues encore à enseigner ce sport aux plus jeunes générations. Tu es écouté par tes pairs et certains de tes élèves pourraient être tes petit-enfants !

Et de contempler ta vie au travers des saisons :

Les mouches couvrent les bêtes jusqu’à l’agacement, les troupeaux se remplissent la panse d’herbe grasse et abondante avant qu’elle ne sèche sous la chaleur du soleil, comme l’huile sur la toile. C’est la saison de l’improvisation.

A l’automne, c’est la récolte des foins et si l’année a été bonne celle du regain. C’est la saison des couleurs qui envahissent tes toiles par tes touches de pinceaux, du gris à l’ocre, du bleu au rouge, à la recherche de cette chaleur humaine, de cette harmonie que tu désires tant.

L’hivers est maintenant roi sur la terre. Le grenier est plein, la nourriture est dans le garde-manger. La peinture se fait plus lente mais plus sûr, elle bénie les saisons passées avec la sagesse du cœur et les enfants sont là, attroupés autour de toi, qui regardent l’artiste.

Vient la dernière saison, celle du printemps. Renouveau, renaissance, les journées se rallongent et chauffent les sols et c’est alors… que l’inspiration renait, celle de l’espérance, celle de la terre nourricière, des jeunes pousses qui éclosent, de l’herbe et des rochers, des maisons et des bêtes, des hommes et des femmes, de tout ce qui est pour toi source d’inspiration pour ton art et source de repos pour tes randonnées à cheval.

Et de poser cette question saugrenue : Papa, qui es-tu ?

L’amour des chevaux, l’expression picturale, l’enseignement comme acte de donner du pain à ton prochain et l’homme d’action qui défie la gravité sont là les mots qui forment ton être, toi, Gilbert Victor Pauli, qui, des Jardins du Très-Hauts, contemple le monde dans son harmonie et sa joie de vivre.

 

Jean-Marc Pauli

Yves Bonnier

Gilbert, mon ami.

Quels mots trouver pour décrire les sentiments qui m’habitent. Les sensations, les émotions, les joies que j’ai partagées avec toi. Depuis ce temps où je suis venu à ton atelier pour suivre tes cours.

Des cours? Plutôt un partage permanent, des conseils avisés pour nous faire avancer. Tu as été un vrai guide. Un guide qui a su comprendre ses élèves pour les faire progresser. Qui ne leur a pas demandé de “copier” son savoir mais qui a reçu leurs capacités et leurs manques pour en extraire le meilleur.

Un vrai artiste habité par l’idée de créer encore et toujours.

Un homme toujours à l’écoute et d’une grande ouverture d’esprit.

Une telle âme ne peut disparaître. Elle continue à vivre en chacune des personnes que tu as côtoyées.

Bon voyage mon ami.

Yves Bonnier

Les derniers mois avec mon papa

On se voyait souvent, sur le chemin de l’atelier tu passais me voir pour boire le café. La famille, les amis, les élèves, mais toujours un peu de temps. On parlait de tout et de rien, plus de tout que de rien et on rigolait bien …

Tu voulais commencer à apprendre la photo. Une pointure en technologie, ça c’est connu. Aussi rapide qu’un skieur en été. Tu étais heureux de me montrer tes essais, tes photos de chevaux, comme celle de ton jeune étalon « à qui une bonne coupe de cheveux aurait fait le plus grand bien ». Ou encore celle en forêt… avec la recherche de la netteté… ou plutôt le travail du flou… tu n’avais pas vraiment encore décidé. Et tu finis par t’exclamer : « la photo c’est comme un tableau » Oui Papa avec moins de pinceau. Et là on rigole, encore.

Papa et tes fameux witz (pour ceux qui ne savent pas, c’est une blague)! Quesque qu’on a rigolé… pas souvent du Witz mais de la façon dont tu les racontais…quand tu t’en rappelais… et là, je commençais à rire… et la en sachant malgré tout toujours pourquoi… tu rigolais de plus belle avec moi.

Récemment, nous avons parlé de ce moment. Celui que nous vivons tous ensemble, aujourd’hui. Moment qui est survenu beaucoup trop tôt ! Nous partagions ce désire pour une cérémonie douce et colorée, où on célèbre un hommage en se rappelant des bons souvenirs, des rires qui doivent rester dans nos cœurs. Ce souvenir d’enfance, quand on allait à Progens, je m’endormais dans la voiture accompagnée de George Brassens…J’avais le droit à toute les chansons et les explications…Tu l’aimais le Brassens.

C’est le lundi 1er septembre. Quand je suis entré dans l’appartement, papa, tu dormais comme un bébé, dans ta position préférée : de côté, la tête sur son avant-bras, le visage détendu, à l’aube d’un nouveau réveil. Mais après un bisou sur ton front, tu ne te réveillas pas…

Et là, cette fois, c’est vers les étoiles que tu voyageras.

Je t’aime papa et tous ceux qui sont la penserons toujours à toi

 

Laurent Pauli